Le floating au poker

août 24, 2009 - par admin · dans Stratégies Texas Hold'em Commentaires fermés 

Le principe du floating (signifiant flottement) est de contrer un joueur usant et abusant du continuation bet, en suivant sa mise au flop pour avoir une information à moindre coup au turn. Le Floating est un terme assez nouveau dans le monde du poker. Cela signifie caller un bet sans paire, ni tirage, avec l’intention de bluffer si l’opposant fait montre de faiblesse.

Le floating sert à contrer un adversaire agressif qui a tendance à miser systématiquement sur le flop. En le payant simplement, vous le mettez en position délicate puisque si il n’a rien il ne pourra plus agir sur le turn sans risquer une part conséquente de son stack. De plus beaucoup de joueurs aiment checker avec un monstre pour laisser leurs adversaire s’enferrer. Si l’adversaire montre de la faiblesse au turn ou à la river, il faut miser pour s’emparer du pot. Le floating est un exemple de bluff intelligemment amené.

Prenons un exemple :

Table de 6 joueurs en NL 100$ (blinds : 0.50$/1$). Je suis en position de dealer (au bouton) j’ai 10 et 9 de coeur.

Le joueur situé juste à ma droite (au cut-off) fait une ouverture standard de 4$ (4bb). C’est un joueur assez sérieu et aggressif que je vois sur une bonne main (pp, AX, KQ).

Je décide de suivre avec ma main à potentiel. Small blind (sb) et big blind (bb) passent.

Pot : 0,5$ (sb) + 1$ (bb) + 4$ + 4$ = 9,50$

Le flop tombe : 2 6 8 multicolore

Mon adversaire s’empresse de miser 6$.

Je sais que la plupart du temps, il n’aura rien touché sur un tel flop (ce qui aurait été sans doute différent sur un flop A K 9 par ex…). Je sais également que c’est un joueur aggressif qui possède le continuation bet dans sa panoplie.

Il essaie ici de représenter une pp (pocket pair) ou même mieux, une overpair (pp9 –> ppA) peut-être qu’il a une telle main…. Les probabilités pour qu’il ait brelan sont plus minces selon moi, je pense que dans ce cas, il aurait slowplayé une main si forte sur un flop si « safe ». Mais je ne suis encore sûr de rien…

En résumé, il y a de grande chance qu’il fasse un continuation bet en bluff mais ce n’est pas une certitude absolue. Et je n’ai qu’un vague tirage quinte par le ventre. Je décide cependant de ne pas abandonner le coup, je ne me ferai pas marcher sur les pieds.

Plutôt que de relancer immédiatement pour prendre de l’information (ce qui me coûterait assez cher dans le cas où il me surrelance ou même me suive), je décide de juste caller (suivre) pour voir comment il joue le turn.

Le fait que je me contente de suivre peut être considéré comme une grande force par mon adversaire. Je peux avoir embusqué une bonne main (brelan, overpair, deux paires avec 6 et 8 sont des mains que je peux très bien avoir),ce qui rendra sa décision difficile au turn.

Pot : 9,50$ + 6$ + 6$ = 21,50$

Turn : 5

Mon adversaire hésite un moment (ou fait mine d’hésiter) et check.

Voilà!! J’ai eu mon information. Son check me conforte dans l’idée qu’il n’a rien. Son semblant d’hésitation ne joue également pas en sa faveur : je considère cela, le plus souvent, comme un aveu de faiblesse.

Je prends mon temps et mise 15$. Mon adversaire ne s’obstine pas plus longtemps et jette sa main en montrant son bel AK. Il me voyais certainement sur brelan ou même quinte (avec 79 par exemple), je ne lui montrerai pas mon T9.

J’ai donc remporté un pot de + de 20$ sans rien en main et en prenant un minimum de risque. Je me suis contenté d’analyser le coup et d’agir en conséquence. Mon « floating » a parfaitement fonctionné.

Avant de terminer, il faut souligner que le floating ne doit aucunement être votre jeu standard. C’est un jeu que vous devez utiliser qu’en certaines occasions. Sinon c’est ouvrir la porte à d’incessants check-raise sur le tournant, ou alors, il deviendra tout simplement trop difficile de représenter une main le moindrement légitime (après tout, vos adversaires savent bien que vous ne frappez pas à chaque fois!).

Le floating est un jeu qui demande une certaine connaissance de vos adversaires. Les joueurs de No Limit 100 et davantage auront intérêt à ajouter cette facette à leur arsenal. Les joueurs des plus basses limites pourront également utiliser le « floating », mais les situations risquent de se présenter moins souvent. Aux petites limites, vous vous retrouverez moins souvent contre un seul adversaire postflop; vos adversaires ne porteront parfois pas attention à ce que vous tentez de représenter; etc. Cela dit, avec un bon read sur votre adversaire, le floating peut vous faire gagner plusieurs pots qui vous échapperaient autrement.

Le turn ne m’aidant pas, que dois-je faire? Je n’ai encore aucune info sur mon adversaire car il parle après moi. Si je check, je prends le risque qu’il continue à attaquer le coup. Il peut également checké, ce qui est une faiblesse mais il s’offre ainsi la possibilité de voir la river gratuitement…

C’est la raison pour laquelle le check-raise ou bien la mise « into the raiser » (avant qu’il ne fasse son bet) est plus profitable pour contrer un continuation bet quand on est oop.

Evidemment, il est primordial au poker de mixer son jeu. C’est pourquoi il convient de ne pas effectuer un floating systématiquement (cela dépend également de l’image que l’on a à la table, des caractéristiques de l’adversaire, de la texture du flop…). En outre, vous pouvez de temps en temps faire du floating quand vous n’avez rien en main, mais également quand vous touchez un monstre. Vous verrez que vos adversaires seront totalement désorientés par votre style.

Une des raisons pour laquelle le floating peut-être si puissant est que la majorité de vos adversaires ayant relancé pré-flop feront une mise de continuation, et ce, peu importe si le flop a aidé leur main ou non. Également, bon nombre d’adversaires hésiteront à continuer de vous mettre de la pression une fois leur mise de continuation appelée. Ainsi, vous pouvez voler un nombre impressionnant de pot grâce à ce bluff en deux étapes.

Trois critères doivent être présents pour maximiser vos chances de réussir votre floating : :

Vous devez avoir la position sur votre adversaire.

Vous devez avoir des outs – qu’ils soient réels ou fictifs.

Votre adversaire doit être du type « ABC ».

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